Les projets de traçage numérique se multiplient

La course au développement des applications de pistage digital du coronavirus est lancée. Un nombre croissant de pays se préparent en effet à lancer leur propre App pour retracer le parcours des personnes testées positives au COVID-19. En Suisse, ce sont les Hautes écoles polytechniques fédérales de Lausanne (EPFL) et Zurich (EPFZ) qui travaillent à un projet d’application, en collaboration avec les autorités. Le Conseil fédéral a adopté le 13 mai une ordonnance ad hoc et le feu vert définitif est attendu pour le mois de juin.

Initialement, l’EPFL et l’EPFZ étaient engagées dans un autre projet, le Pan European Privacy-Preserving Proximity Tracing (PEPP-PT), qui incluait huit pays. Il présentait toutefois le défaut de prévoir une centralisation des données, ce qui a suscité des craintes concernant la protection de la vie privée des utilisateurs. De ce fait, l’EPFL et l’EPFZ ont décidé de développer un système décentralisé, ce qui signifie que les données ne seront pas stockées hors des Smartphones. Il a été appelé DPT3 (pour decentralized privacy-preserving proximity tracing).

À présent, un nombre croissant de pays ont entrepris de concevoir leur propre solution digitale. Mais l’effervescence est telle qu’il est difficile de suivre leur évolution.

Sur son site, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) parle d’une « avalanche d'applications pour suivre le coronavirus ».

Significativement, des recensements sont en cours d’élaboration, dont l’un à l’initiative du MIT.

Aux dernières nouvelles, l’Allemagne avait opté, comme la Suisse, pour un système décentralisé, contrairement à la France et à l’Australie, par exemple. Le projet français, baptisé Robert, pourrait cependant être abandonné. En Italie, aucune date officielle n'aurait été fixée pour le lancement de l’App Immuni, dont on ne sait toujours pas si le téléchargement sera obligatoire. En Inde, le gouvernement a rendu obligatoire le téléchargement de son application et les habitants de la ville de Noida, située au sud-est de Delhi, risqueraient une amende en cas de non-téléchargement, selon le MIT. En Israël, les forces de l'ordre auraient appliqué un protocole de localisation des téléphones normalement réservé à des fins de lutte contre le terrorisme.

Les pays pionniers sont tous asiatiques : Chine, Corée du Sud, Taïwan, Singapour... Et leurs systèmes sont plutôt contraignants. À Singapour, par exemple, le téléchargement de l’application TraceTogether est basé sur le volontariat, mais les habitants doivent scanner un code QR avec leur Smartphone pour pouvoir pénétrer dans certains bâtiments et en sortir. En Chine, l’identité, la géolocalisation et même l'historique des paiements en ligne des utilisateurs sont transmis à la police locale, afin que celle-ci puisse s’assurer du respect des mises en quarantaine. À Taïwan, le gouvernement a renoncé au consentement préalable des utilisateurs, mais les données recueillies, qui permettent une notification quotidienne de l’état de santé, ont été « désidentifiées ».

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