«A notre santé!»: la médecine personnalisée sur les routes de la Romandie

Bus-exposition A notre Santé
Une exposition itinérante part à la rencontre des habitants de la Suisse romande pour les sensibiliser aux enjeux scientifiques, médicaux, éthiques et sociétaux de la santé personnalisée.

Posée à quelques mètres du Cirque Knie sur la plaine de Plainpalais, au centre de Genève, la remorque blanche de 18t ne manque pas d’attirer l’attention. Et le sticker géant « A notre santé ! » suscite une certaine curiosité. Pour en savoir plus il suffit de gravir les quelques marches d’un escalier métallique. Derrière la porte, c’est une exposition pas comme les autres, « interactive et immersive », dédiée à la médecine personnalisée qui vous attend. Inaugurée ce 3 septembre, l’exposition va sillonner la Suisse romande jusqu’au 17 novembre prochain.

«Ambitieusement modeste»

«Si vous ne savez pas ce que c’est la santé personnalisée, ne vous inquiétez pas, moi non plus!», plaisantait lors du discours inaugural le Dr Bertrand Kiefer, membre de la commission Santé Personnalisée de la fondation Leenaards, qui soutient ce projet au travers de son initiative Santé Personnalisée & Société. La santé personnalisée c’est « à la fois un buzz et une chose très importante » a poursuivi le médecin, soulignant la dualité de cette médecine qui semble encore futuriste mais dont les enjeux sociétaux et éthiques font bel et bien partie du présent.

 Et c’est pour permettre au plus grand nombre de se saisir de ce sujet, qui peut effrayer par sa complexité, que cette exposition a été pensée. «Pour la résumer en deux mots, disons que l’exposition est "ambitieusement modeste", s’amuse Olivier Glassey, Directeur du musée de la main UNIL-CHUV qui a supervisé le projet. Nous avons voulu créer un espace de dialogue, pas forcément apporter des réponses mais amener les visiteurs à formuler leurs propres questions.» Et dans une époque où de plus en plus de choses – la médecine y compris- se font à distance, de manière dématérialisée, par écrans interposés, l’équipe d’ «A notre santé!» a expliqué avoir voulu « prendre le temps d’aller rencontrer les gens, là où ils sont».

Un sujet qui nous concerne tous

Après son étape genevoise, le dix-huit tonnes estampillé «A notre santé!» va donc s’élancer dès le 8 septembre sur les routes de Romandie pour proposer à tous les citoyens de venir découvrir d’un peu plus près à quoi ressemble cette santé qu’on nous promet de plus en plus personnalisée. Médicaments adaptés au profil métabolique de chacun, alimentation ciblée, «quantified-self», sont quelques-uns des thèmes abordés au travers d’expériences interactives. Les visiteurs sont aussi invités au fil du parcours à se questionner sur les implications, personnelles et collectives, de la production massive de données de santé.

Stéphane, la quarantaine, parmi les premiers visiteurs, est lui venu chercher des informations sur les analyses génétiques. Conseiller en stratégie digitale et particulièrement intéressé par le sujet, il a déjà fait séquencer son génome à l'étranger. Et il cherche aujourd'hui à obtenir une analyse, sans savoir vers quel professionnel de santé se tourner. «On sent qu'on n'est encore qu'aux prémices de cette médecine personnalisée, mais c'est bien de participer activement à ce mouvement!» Le visiteur estime que cette exposition est très utile face au manque de connaissances sur le génome. «Il me semble que les gens autour de moi n'en savent pas beaucoup sur ce sujet, ou alors ils ont peur! Les citoyens doivent pouvoir donner leur avis sur l'avenir de cette médecine, mais ils ne doivent pas être guidés par la peur.»

Pour Brigitte Galliot, vice-rectrice de l’UNIGE, sensibiliser la population aux enjeux de la médecine personnalisée est une excellente initiative, et l’exposition un moyen de contribuer positivement au débat public. «L’université est très concernée par la médecine personnalisée, au travers de ses chercheurs qui travaillent sur des projets dans ce domaine et des étudiants des filières concernées (biologie, médecine, mais aussi sciences humaines, éthique…), mais c’est chacun d’entre nous en tant que citoyen qui doit s’emparer de la question. C’est une condition nécessaire pour assurer la meilleure gouvernance possible.» Et comme il n'y a pas d'âge pour s'intéresser à son génome, l'exposition s'adresse aussi aux enfants et des ateliers-visites sont mêmes prévus pour les classes.

> Informations sur l'exposition

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