Fribourg : l’université et l’hôpital se lancent dans la médecine personnalisée

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L’université et l’hôpital de Fribourg ont annoncé qu’ils prendraient part à trois projets de médecine personnalisée, financés par le Swiss Personnalized Health Network.

Le canton de Fribourg n’a pas manqué le train de la médecine personnalisée: il participe à trois projets de recherche d’envergure nationale. Rencontre avec Isabelle Dupanloup Duperret, du Swiss Integrative Center for Human Health (SICHH),cheville ouvrière de cette initiative.

Comment ces projets de recherche ont-ils vu le jour?

Lorsqu’en 2016, l’initiative Swiss Personnalized Health Network (SPHN) a été lancée par le gouvernement suisse et qu’une manne financière importante a été promise à des projets de recherche dans le domaine de la médecine personnalisée, nous avons rapidement considéré qu’il s’agissait là d’une belle opportunité pour Fribourg. En tant que responsable de la plateforme digital health du Swiss Integrative Centre for Human Health (SICHH), mon objectif est de faire avancer des projets en lien avec la santé humaine. J’ai donc contacté des chercheurs de l’Université de Fribourg, ainsi que des médecins de l’Hôpital Fribourgeois (HFR), qui se sont montrés enthousiastes. Nous avons ensuite déposé trois projets de recherche en septembre dernier, en coordination avec des chercheurs et cliniciens de plusieurs institutions en Suisse. Tous les trois ont été acceptés, ce qui était loin d’être garanti.

Quels sont les objectifs de ces projets?

Le premier est un projet sur quatorze mois, mené par les HUG. Je précise que tous les projets financés par le SPHN doivent être dirigés par une grande institution suisse de santé. L’objectif consiste à mettre en commun les données des laboratoires de différents hôpitaux, et de promouvoir des systèmes d’échange de ces données. Le but étant d’éviter les redondances des examens. Actuellement, un patient des HUG qui doit effectuer un examen au CHUV, par exemple, doit refaire toutes ses analyses sanguines. La façon de stocker les données n’est pas encore identique d’un établissement à l’autre.

Les deux autres projets relèvent du domaine de l’oncologie. Leurs objectifs sont assez similaires et ces projets vont donc fusionner afin de permettre à toutes les équipes de travailler en synergie. Actuellement, lorsqu’un patient souffre d’un cancer, un traitement lui est prescrit en fonction du type de sa maladie. Or, on sait qu’on peut être plus efficace en prenant en compte les antécédents médicaux. L’objectif consiste à établir des bases de données de profils de patients standardisées qui permettront de mieux cibler les thérapies. Ces projets sont menés conjointement par le CHUV et l’Université de Bâle.

Pourquoi était-ce particulièrement important pour Fribourg de participer à ces projets?

Il y avait une vraie volonté politique derrière cette initiative. Au SICHH, nous estimons que la médecine personnalisée représente un enjeu important pour le futur et qu’il fallait que Fribourg prenne ce train. Car si nous l’avions manqué, nous aurions pris le risque de nous retrouver hors course pour les prochaines années. Notre canton ne dispose pas d’un hôpital universitaire et nous ne voulons pas devenir un désert thérapeutique. Nous ne souhaitons pas que les Fribourgeois doivent se déplacer sur des centaines de kilomètres pour se faire soigner; il faut que nous restions à la pointe. Nous sommes donc très heureux pour Fribourg!

Suite à ce succès, allez-vous poursuivre sur la lancée?

Nous comptons bien ne pas en rester là! Cette première collaboration avec le réseau SPHN s’est très bien déroulée et nous avons pu établir de nombreux contacts pour la suite et ouvrir des dialogues féconds. Les projets actuellement financés le sont pour la période 2017-2020. Durant les prochains mois, nous espérons pouvoir déposer de nouvelles requêtes de financement pour les périodes successives. Nous allons également répondre à des appels à projets du Fonds national suisse de recherche.